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Interview de Satoshi Okatake, coach sportif de rikishi

Satoshi Okatake
Satoshi Okatake

Nous sommes heureux de vous proposer un entretien exclusif avec Satoshi Okatake, coach sportif de lutteurs de sumô au Japon.

Grâce à notre interviewer favori Jean-Philippe Cabral, Satoshi Okatake a éclairé sa vision de l’entraînement physique des lutteurs de sumô.

Profitez de l’interview !

 

Interview de Satoshi Okatake, par Jean-Philippe Cabral

Jean-Philippe Cabral : Bonjour ! Pourriez-vous vous présenter aux fans de sumo français ?

Satoshi Okatake : Je suis Satoshi Okatake, Strength and Conditioning coach (NSCA-CSCS) et thérapeute d’acupuncture. J’entraîne au club de sumo du lycée Saitama SAKAE depuis 2002.
En plus, comme certains lutteurs lycéens entrent dans le monde du sumo professionnel après avoir obtenu leur diplôme d’études secondaires, je les suis et leur donne des conseils de rééducation et de développement physique.

JPC : Que représente le sumo pour vous ?

SO : Le sumo est le sport national au Japon.

Les Rikishis luttent parfois devant les sanctuaires parce que le sumo lui-même permet de prier pour la tranquillité, pour une récolte abondante ou pour une bonne pêche.
Les tournois de sumo amateurs sont organisés avec plusieurs types de catégories, la catégorie poids libre et les catégories par poids.
Les grands tournois de sumo sont les seules compétitions au monde sans catégories de poids et sans équipement de protection.

JPC : En tant qu’entraîneur, comment préparez-vous les rikishi qui font appel à vous ?

SO : Il y a beaucoup de blessures à cause de la compétition sans catégories de poids et sans protections.
En plus, le système d’entraînement traditionnel ne renforce pas particulièrement ces parties de leur corps.
Par conséquent, sur la base de la médecine sportive d’aujourd’hui, je les entraîne à travailler la force instantanée au départ, tout en prévenant les blessures.

JPC :Quels Rikishi avez-vous formés ou formez-vous encore ?

SO : J’ai entraîné Ozeki Goeido qui a pris sa retraite après le dernier tournoi.

J’ai aussi formé beaucoup de rikishis qui étaient diplômés du club de sumo du lycée Saitama SAKAE.

JPC : Avez-vous des anecdotes sur ces grands rikishi lors de votre entraînement ?

SO : Par exemple, j’ai suivi un rikishi qui avait eu un très mauvais arrachement du ligament croisé antérieur (LCA). Il avait été hospitalisé et opéré, et après être sorti de l’hôpital, il s’est entraîné très dur et a fait son retour.
Deux ans plus tard, il était SANYAKU (Komusubi) alors qu’il n’avait jamais atteint ce rang avant la blessure au genou.

JPC : Pouvez-vous nous donner en quelques chiffres des performances de rikishi très puissants ?

SO : Un rikishi qui pesait 150 kg a réussi à lever plus d’une fois et demi, presque deux 2 fois plus lourd que son propre poids en quelques années.
Cela signifie que son corps et ses membres inférieurs ont été renforcés pour arriver à soulever jusqu’à 300 kg de gros pneu, juste avec sa puissance et sa force instantanée.

JPC : Quels sont les rikishi que vous admirez le plus de tout temps ?

SO : J’admire les rikishis qui se sont retirés avec leurs rêves qui se sont réalisés.

JPC : Pourquoi les rikishis vous plaisent-ils et comment travaillez-vous avec les oyakata pour compléter leur enseignement ?

SO : Je pense que la formation traditionnelle japonaise (Keiko) peut s’harmoniser avec la science et la médecine du sport d’aujourd’hui.
Par conséquent, les performances des rikishis pourront augmenter considérablement.
Après l’entraînement physique, les rikishis pourront revenir à la pratique elle-même.
Je pense également que le monde du sumo a besoin d’une approche plus approfondie de la médecine sportive à l’avenir.

JPC : Comment le sumo est-il perçu dans la société japonaise en 2020 ?

SO : J’ai regretté que le sumo n’ait pas été reconnu aux Jeux olympiques de Tokyo ces dernières années.
Si le sumo avait été reconnu par le CIO, le niveau de sumo amateur japonais aurait augmenté.
Comme de nombreux enfants sont fascinés par le sumo, le public aurait aussi augmenté en nombre.

JPC : Quel est le niveau général du sumo amateur au Japon ?

SO : De nos jours, je pense que le niveau général de l’amateur augmente d’année en année, parce que certains rikishis sont promus en SEKITORI dans les 2 ou 3 ans suivant leur entrée dans le monde professionnel du sumo.
Il y a environ 20 ans, cela ne se produisait pas si souvent et les rikishis amateurs qui réussissaient ne pouvaient pas gagner aussi facilement dans le monde du sumo professionnel.

JPC : Merci d’avoir répondu à mes questions, avez-vous un mot à dire aux fans de sumo français pour conclure cette interview ?

SO : Merci beaucoup pour cette opportunité.
J’espère que de plus en plus de Français s’intéresseront au sumo. Et s’ils en ont l’occasion, venez au Japon pour regarder un vrai match de sumo. C’est super génial !

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