Après une année sans soulever la Coupe de l’Empereur, Onosato a retrouvé le chemin de la victoire lors de l’Aki Basho. Le yokozuna s’est imposé face à l’ozeki ukrainien Aonishiki lors du combat décisif de la dernière journée, décrochant ainsi le sixième titre de sa carrière. Un succès particulièrement important après plusieurs mois marqués par une blessure à l’épaule gauche.
Le soulagement est immense pour Onosato. Dimanche, au Ryogoku Kokugikan de Tokyo, le yokozuna japonais a remporté l’Aki Basho avec un bilan de 12 victoires pour 3 défaites, mettant fin à une année entière sans titre.
Tout s’est joué lors de l’ultime combat du tournoi face à Aonishiki. L’ozeki ukrainien abordait cette confrontation avec un bilan de 11-3 et pouvait encore espérer arracher le championnat. Mais Onosato n’a laissé planer le suspense que quelques secondes.
Une finale maîtrisée face à Aonishiki
Dès le tachiai, Aonishiki est parvenu à placer sa main gauche sur le mawashi du yokozuna et semblait en mesure d’imposer son sumo. Il n’a toutefois pas réussi à conserver cette prise.
Onosato a immédiatement exploité l’occasion. Grâce à une puissante poussée portée à la gorge de son adversaire, il a forcé l’Ukrainien à reculer avant d’enchaîner pour le propulser hors du dohyo.
Une victoire nette qui lui permet de décrocher la sixième Coupe de l’Empereur de sa carrière.
Le dénouement est d’autant plus remarquable qu’Onosato avait laissé échapper une avance confortable dans les derniers jours du tournoi. Deux défaites consécutives à partir de la 13e journée avaient permis à Aonishiki de revenir à sa hauteur avant la confrontation décisive.
Le yokozuna reconnaît d’ailleurs avoir ressenti une certaine pression après cette longue période sans succès.
« Je pense que j’ai parfois trop réfléchi parce que cela faisait un an que je n’avais plus remporté de tournoi. Mais lors de la dernière journée, j’étais tellement concentré que j’en ai moi-même été surpris », a expliqué le lutteur de 26 ans le lendemain de son sacre.
Une année compliquée par son épaule gauche
Ce titre marque également une étape importante dans le retour au premier plan d’Onosato.
Depuis une luxation de l’épaule gauche contractée en novembre dernier, le yokozuna peine à retrouver durablement son meilleur niveau. Cette blessure l’avait notamment contraint à manquer une grande partie des tournois de mars et de mai, avant un bilan plus modeste de 9-6 en juillet.
Une période suffisamment difficile pour faire naître quelques doutes.
« Il y a eu un moment où je me suis demandé si je pourrais remporter un tournoi à nouveau », a reconnu Onosato après sa victoire.
Il a également tenu à remercier son maître d’écurie, l’ancien yokozuna Kisenosato, aujourd’hui à la tête de Nishonoseki-beya. Présent au bord du dohyo en qualité de juge lors de la dernière journée, celui-ci a pu assister directement au retour au sommet de son protégé.
Ce tournoi avait également une saveur particulière pour Onosato puisqu’il était le seul yokozuna en compétition, Hoshoryu étant absent sur blessure.
Une responsabilité supplémentaire dont il espère tirer profit pour la suite de sa carrière.
Aonishiki échoue aux portes d’un quatrième titre
De son côté, Aonishiki peut malgré tout retenir de nombreux éléments positifs de cet Aki Basho.
Toujours diminué par plusieurs blessures au pied gauche, fortement bandé pendant le tournoi, l’Ukrainien avait connu un début de compétition compliqué. Après trois défaites consécutives, il avait toutefois réalisé une spectaculaire remontée avec huit victoires de rang, se donnant le droit de jouer le titre lors de la dernière journée.
Son parcours s’arrête finalement à 11-4, à une victoire d’un potentiel quatrième titre en makuuchi.
Aonishiki avait remporté le tournoi de Nagoya en juillet alors qu’il venait d’être rétrogradé au rang de sekiwake. Ses dix victoires lui avaient ensuite permis de retrouver immédiatement son rang d’ozeki.
Des fortunes diverses parmi les sanyaku
Derrière les deux hommes, plusieurs lutteurs ont également marqué cette édition.
Kirishima a terminé le tournoi sur un bilan positif de 8-7 après avoir battu son compatriote ozeki Kotozakura, qui conclut la compétition à 9-6. Un résultat néanmoins insuffisant pour Kirishima, dont les espoirs de promotion au rang de yokozuna nécessitaient une performance d’une tout autre ampleur.
Pour ses débuts au rang de sekiwake, Fujinokawa a quant à lui réalisé l’une des performances du tournoi. Avec un excellent bilan de 11-4, il a notamment battu les trois ozeki et est resté dans la course au titre jusqu’aux derniers jours.
Sa performance lui vaut un deuxième Kanto-sho, le prix de l’esprit combatif.
À l’inverse, Atamifuji, qui espérait se rapprocher d’une promotion au rang d’ozeki, termine sur un bilan de 8-7 après avoir concédé cinq défaites consécutives.
Autre belle performance, celle de Churanoumi. Le maegashira n°3 termine à 10-5 après avoir notamment battu deux ozeki et le komusubi Daieisho. Lui aussi récompensé par le prix de l’esprit combatif, il se rapproche désormais d’une promotion dans les rangs sanyaku. Il pourrait ainsi devenir le premier lutteur originaire de la préfecture d’Okinawa à atteindre l’un des trois rangs situés sous celui de yokozuna.
Onosato vise désormais plus haut
Dès le lendemain de son sacre, Onosato ne voulait pourtant déjà plus se satisfaire de ces douze victoires.
Lors d’une conférence de presse organisée à la Nishonoseki-beya, dans la préfecture d’Ibaraki, le yokozuna a clairement affiché ses ambitions.
« Un yokozuna fort doit obtenir 13 ou 14 victoires, voire réaliser un 15-0. Je vais continuer à m’entraîner dur pour atteindre cet objectif. »
Après une année marquée par les blessures et les interrogations, Onosato retrouve donc la Coupe de l’Empereur et, avec elle, ses ambitions de domination. Son prochain défi sera désormais de confirmer ce retour au premier plan et de montrer qu’il peut, à nouveau, enchaîner les performances dignes de son rang.
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